masque bamileke
masque bamileke

Histoire

bar

     Certains ont  pensé des siècles durant  que l’Afrique noire  n’avait pas d’histoire. Ceci était dû au fait que l’Afrique a toujours été une société à tradition orale. L’originalité des sociétés qu’on dit  « sans écriture » est que l’Homme est engagé par la parole. Celle-ci joue ici un rôle primordial, car elle est à la fois, connaissance, religion, histoire, divertissement, science de la nature et initiation au métier, ce que l’on appelle là bas,« l’école de la vie ». Dans une telle société, les gardiens de cet héritage sont les traditionalistes d’une part, qui sont chargés de transmettre des connaissances contrôlées  par le comité des sages,   et d’autre part  les griots qui eux sont à la fois généalogistes, historiens et poètes. L’avantage que représente la tradition orale , est de venir de l’intérieur des sociétés africaines, par conséquent, elle reflète une organisation mentale et un vécu du groupe socioculturel. La tradition orale ne permet cependant pas l’établissement d’une chronologie. Ce qui pose de sérieux problèmes aux historiens, et ouvre ici le chemin de la multidisciplinarité pour tenter de combler les trous. carte Afrique

     Quant aux bantous, certains historiens affirment que Le groupe Proto Bantous qui  occupent actuellement l’Est , Le  Centre et le Sud du continent africain se serait  formé au premier millénaire avant J. C.  aux confins du Cameroun et du Nigeria. Cette affirmation est sujette à caution, car la migration Bantou aurait commencé bien avant le premier millénaire, puisqu’ elle était le pendant de l’assèchement du Sahara qui  date du début  du  troisième millénaire. Les Bantous vivaient  alors dans la région du Haut Nil comprise entre le 17e et le 21e  parallèle sur les bords de grands marécages (cf. R et M. CORNEVIN, Histoire de l’Afrique P.43). Cette présence s’est poursuivit à l’époque du règne du grand pharaon soudanais TAHARKA le Grand (689-664) pendant la période du néolithique humide. Certains bantous étaient installés entre la cinquième et la sixième cataracte du Nil, à une cinquantaine de kilomètre au sud du confluent NIL-ATBARA. Ils formaient alors le royaume de Kouch-Napata-Méroé. Ce royaume était doté d’une écriture alphabétique non encore déchiffrée à ce jour, et de la maîtrise de la métallurgie du fer (cf. R et M. CORNEVIN, Histoire de l’Afrique P.58). Le climat de l’Afrique dans une région comprise entre le Sahara et la zone équatoriale très étendue, était très humide il y a huit ou dix mille ans. Le mode de vie des bantous  était étroitement lié à l’eau. Le développement des civilisations de pêcheurs a été daté entre 8000 et 5000 avant l’ère chrétienne, le long du moyen Nil et dans le sahara. On a même retrouvé la trace des bantous au nord du continent africain tant à l’Ouest qu’à l’Est. En effet, le saharien mésolithique d’Asselar était un noir de type bantou. En outre, les vases trouvés dans l’Aouker préhistorique (aujourd’hui la Mauritanie) d’après H. Laforgue et Vaneleshe ressemblent en tout point a ceux qui sont encore utilisés aujourd’hui par les Noirs du sud. Les vestiges d’harpons en os et la poterie suggèrent des activités de pêcheurs encore tributaire de la chasse et de la cueillette.

     A partir de 5000 avant J.C. le climat devient aride entraînant un abaissement des niveaux des lacs, modifiant ainsi le modèle économique fondé sur l’exploitation des ressources naturelles, surtout aquatiques, à savoir la chasse, la pêche et la cueillette. Les conséquences de cet assèchement furent les suivantes :

      1.  de provoquer la migration des populations qui vivaient dans cette zone, parties vers le sud,  à la recherche de l’eau.

      2.  de générer une véritable mutation du peuplement de l’afrique.

     Les populations noires à cette époque étaient les descendants de l’empire kouchite. Elles se sont déplacées pour la plupart vers les zones sédentaires et certains oasis du nord du sahara. Tout au long de cette migration, le peuple bantou a développé plusieurs civilisations due au fait que chaque groupe ou groupuscule qui s’implantait sur un fief essayait d’adapter ses us et coutumes aux réalités locales. La civilisation résultante n’était alors rien d’autre que le syncrétisme entre la culture acquise des bantous  et les nouveaux milieux et contacts. Cette dispersion des bantous s’est déroule sur une très grande échelle d’espace et de temps à cause de la grande foret équatoriale qui constituait un obstacle plus difficile à franchir car exubérante et impénétrable. les bantous ont due emprunter les voies de moindre résistance que constituaient les cours d’eau tel que la Sangha et L’oubangui. Cette migration n’était pas encore achevé à la fin du 19ieme siècle.



haut de page